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Il est des matins où la douche est un combat, dont je ressors soufflant et fumant.

PAGES D'UN EXIL
Ou
"Les miscellannées de Monsieur Furt" (Gingember)
11 août 2004

Télégramme aux fâcheux : Fuck off - STOP
Clause de style : revendique anacoluthes - STOP

Je cite : "Votre invitation me bouleverse..." (L. Ventura à C. Rich dans "Les Tontons...")
(mis à jour mercredi 2 avril 2008 à 14:38)

06/07/2008

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06/07/08 - 08:08

Mon père & mon frère : double-peine.

- T'es comme les chats, toi !
- Ou comme la sauce bolognaise...
- ?...
- Tu retombes toujours sur les pâtes.

04/07/2008

04/07/08 - 13:46

Le comte de Marsan.

C'était un extrêmement petit homme trapu, qui n'avait que de la valeur, du monde, beaucoup de politesse et du jargon de femme, aux dépens desquelles il vécut tant qu'il put.

04/07/08 - 07:49

Si n'être point cocu vous est un si grand bien
Ne vous point marier en est le vrai moyen.

Molière, L'Ecole des Femmes

04/07/08 - 07:47

C'est à l'intérieur de moi-même que le temps s'écoule.

François Mitterrand.

03/07/2008

03/07/08 - 23:22

En fait, c'est le dernier jour. Le dernier jour avec eux. J'ai sans doute voulu l'oublier, et mon corps s'en est à peine souvenu hier quand, dans ce réfectoire absurde rempli de sourires aux larmes, j'ai commencé à essayer de leur dire. Mes jambes tremblaient encore plus violemment que quand je suis en scène. Ma voix s'est asséchée.

J'ai pris la parole devant des amphis hostiles, devant des centaines de parents massés dans des cours de récréation, devant des centaines de gamins dont j'ai obtenu le silence - mais là, oser leur dire si crûment, si incongrument que je les aimais, à cette poignée de jeunes briscards et de vieux naïfs, je n'ai pas pu. J'ai dû baffouiller que je les remerciais pour tout, pour tout, pour tout, j'ai cité les quelques absents qui m'ont appris à travailler, et je n'ai pas pleuré.

Et aujourd'hui, au moment de savoir que je leur souhaitais bonnes vacances, j'ai été pris d'une hébétude ivre, j'étais décontenancé, je leur ai dit au revoir comme si j'allais les revoir demain à 7h30 devant le café et les affichages administratifs. La vie passe, heureusement, un peu bêtement, tout simplement.

02/07/2008

02/07/08 - 15:43

Post-it.

Nicolas, quand tu me remontes le courrier, ne me remonte pas les pubs. Je les redescends au tri papier.

02/07/08 - 15:40



ORPHEO !!! SURTOUT SURTOUT : UN NOEUD WINDSOR !!!

01/07/2008

01/07/08 - 06:36

Quelqu'un pourrait-il apprendre à l'hyper-président à faire les liaisons ?

29/06/2008

29/06/08 - 22:13

Métro-sexuel.

Il y en avait partout, cela sortait de toutes les portes du train, de toutes les bouches du métro.

Le matin, je m'étais acheté des chaussures anglaises en flânant avec lui.

Que cela soit bien clair, improbable lecteur, je ne fais pas partie de ces homos qui font la moue, jouent les bégueules à la seule évocation de la gay-pride. La francisation politiquement correcte ("marche des fiertés"...) et la thématisation de la manifesation qui n'avait guère besoin de cela pour avoir un sens et pour rester, comme on dit, bon enfant - ces deux niaiseries pourraient nous être épargnées.
A cette réserve près, je ne mégoterai jamais mon soutien inconditionnel à ces défileurs annuels. De nos jours encore, certains se montrent beaucoup parce que d'autres sont obligés de se cacher.
Personnellement, étant pris de sueurs froides lorsque je rassemble plus de cinq amis, je n'ai jamais fait partie, et ne ferai sans doute jamais partie desdits fiers marcheurs. La chaleur du bitume parisien, les gens, le bruit : trois facteurs qui me font fuir irrémédiablement.

Mais il y avait quelque chose d'étrange - d'excitant - et de dépaysant, à voir cette extraordinaire quantité d'homosexuels entassés dans les métros surbondés en raison de la grève du RER B, tous estivalement dévêtus ; rarement testostérone aura à ce point empli les poumons de l'usager des transports métropolitains.

J'aurais pu rouler des pelles à tout le monde, mais j'avais une cravate à trouver.

29/06/08 - 21:40

Aux Champs-Elysées... A la manière de.

C'est manifestement un théâtre de style rad-soc', mélangé d'avant-guerre, d'art déco et de classicisme mythologico-stalinien, avec de hautes colonnades sur la façade. A l'intérieur, c'est l'art déco discret qui se pousse du col. Le hall est immense et vide, comme les coursives, utiles pour les oeillades mondaines, et les mains passées dans le dos entre gens du même monde. On se prend à croire que le mobilier a été volé ou détruit au cours des deux guerres. Le public est moins disneyland qu'à Bastille, où les cadres japonais s'excusent auprès des grands chevalins de Californie. Davantage d'habitués municipaux, un peu comme les grandes maisons de province qui ont gardé un rien de leur tradition. J'ai beaucoup pensé au feutré presque popu de Toulouse. Le public côtoie tranquillement Kurt Masur, placé comme un roi. On nous place, et l'on nous demande discrètement un pourboire. Dans les théâtres privés, nous explique-t-on, les placeuses sont payées au pourboire, contrairement aux théâtres subventionnés. Vieilles histoires françaises. On viendra nous chercher, comme des complices, après l'entracte, pour nous placer mieux, au premier rang.

Le décor transpose l'action du XVIe siècle au XIXe. L'affaire est donc d'abord une comédie bourgeoise, avec presque parfois le carrousel des personnages comme chez Feydeau, plutôt qu'une farce-monde, excessive et grasse de tout le théâtre européen. On nous épargne donc la panse immense, le costume de drague folklorique ("Vado a farmi bello"...), le luth légendaire - et le chêne au pendu devient un clin d'oeil de théâtre d'ombres.

L'orchestre est épatant, comme souvent dans les orchestre de théâtre. Les bois mutins ressortent, les grandes scènes des cors emplissent la salle, pas un pupitre de cordes ne dépasse. Peut-être parfois une lenteur insuffisamment assumée. Les passages bateleurs, où cela claque et où cela dévale, une énergie vivifiante. Un tapis de velours pour les chanteurs.

Ce Falstaff est donc une version dégraissée. D'abord dans la voix. Le choix d'Alessandro Corbelli est de prime abord surprenant. Il manque clairement de l'ampleur que nécessitent parfois ces grands arcs verdiens, fussent-ils, ici, ironiques. D'immenses phrases crescendo et legato le laissent un tout petit peu court. A cette réserve près, le comédien profite du livret, jouant de ce grain de voix si jouissif dans les stratagèmes de comédie. Il se rapproche de la simplicité de Bruson, mais lui manque la mélancolie poétique et calme. On le sentirait presque bridé dans cette comédie lavée de ses scories traditionnelles.
Ford non plus n'en fera pas des tonnes dans le rôle du cocu. Les cornes sont une véritable obsession, jouée dans la sobriété et l'élégance par Ludovic Tézier, impeccable chanteur, qui passe voluptueusement des fortissimi aux sons filés les plus perfides.
Marie-Nicole Lemieux, même avec un bras cassé, plonge dans les abysses de la tessiture de Mistress Quickly : elle s'amuse tant que c'en est réjouissant.
Le rôle de Nanetta n'est-il pas lui-même charmant ? Amel Brahim-Djelloul y est charmante en tout cas. La parenthèse nocturne de la réunion des fées ne m'a pas semblé assumée jusqu'au bout ; en faire comme une bulle d'éthéré dans cette comédie de moeurs. Son Fenton, il faut dire, ne l'aidait pas. D'accord, Francesco Meli a une voix superbe, c'est un vrai beau ténor - mais il est le seul à en faire des tonnes, à trompetter ses récitatifs, à appuyer ses forte quand tout ce petit monde allège la recette. "Bocca bacciata non perde ventura" n'est pas un air : Verdi, dans cet ultime opéra, a fait la nique à ses ténors en interrompant la phrase. Il est donc bien vulgaire d'en faire ce que cela n'est pas.

Je garde le meilleur pour la fin. Une vieille te-chat de mes connaissances a cru bon de ne pas se déplacer pour sa belle italienne sous prétexte, paraît-il, qu'il n'aime pas l'oeuvre. Erreur grossière. Antonacci est la meilleure Alice Ford que je connaisse. Maligne, le zeste de grandiloquence de la bourgeoise outragée, quelques belles phrases mordues à pleines dents ("E un monte di lardo"), et l'audace de la comédie : qui n'a pas au moins souri lorsqu'elle folâtre en sautillant comme une biche pour faire enrager "Sir John" ? Ces petites canines carnassières, charmantes et terribles, de la femme parvenant à ses fins, et faisant, fine mouche - trois cocus.

A la sortie, alors que je rêvassais dans ce grand hall qui s'évidait de mondanités, une très vieille dame est venue me saluer. Elle voulait me féliciter de porter ce ruban rouge que j'arbore au manteau depuis des années. On est toujours rattrapé par quelque chose.

29/06/08 - 20:42

Fragments pour Antonacci.



Je l'ai découverte dans Les Troyens, aux côtés de Ludovic Tézier. Majestueuse, impressionnante - allez, j'ose : j'ai immédiatement pensé à Callas. Ce physique si particulier, mêlé d'étrangeté et d'ineffable élégance. Cet aplomb scénique, l'engagement bouleversant.



Disque thématique era la notte : bon, c'est la mode. Il n'est plus de diva qui ne fasse plus simplement qu'un récital. Il y manque le feu de sa présence théâtrale, quand même, un peu.



Une vieille te-chat de mes connaissances a eu l'immense privilège de la voir et de l'entendre dans Medea de Cherubini. Il a confirmé deux choses : la première, que la parenté avec Callas est là, qui flotte dans l'air, qui vient à l'esprit, qui tombe sur les lèvres des moins idolâtres ; la seconde, qu'elle est une tragédienne complète, capable de faire la follette dans Falstaff comme d'épouvanter un théâtre sicilien avec un personnage de mythe ancestral.



Ce sourire carnassier - sans doute aide-t-il le mordant de sa diction, conférant à la déclamation ce caractère hypnotique, et porte-t-il ce surjeu qui sied délicieusement à la comédienne comique - Mrs Ford, ces temps-ci, au Théâtre des Champs-Elysées.

Et je pense à lui, qui ce soir, a repris deux fois du Xérès avec Sir John.

27/06/2008

27/06/08 - 07:05

- Je crois que j'ai compris. Tu es élémentaliste, tandis que je suis élémentariste.
- Attends, j'arrive avec mon yaourth.

26/06/2008

26/06/08 - 18:31

Chaque fois que Pompidou meurt, papa dit "C'est très beau, Malher".



Je crois que c'était en 1999.
Au Théâtre National de Toulouse, Ignaciot Ramonet donnait conférence pour La tyrannie de la communication aux excellentes éditions Gallilée. Fraîchement lecteur du tandem Péan/Nick (TF1, un pouvoir, que je recommande chaleureusement) à la grande époque de la boîte à cons, j'avais tenu à lui poser à peu près la question suivante : Péan & Nick notent que l'audience de TF1 s'érode lentement depuis la guerre du Golfe. Signe d'une baisse de crédibilité, etc. Mais si l'on ne regarde plus PPDA dans le poste, et si l'on lit de moins en moins les journaux, comment s'informe-t-on ? A l'époque, l'accès à l'Internet n'était pas encore extrêmement développé, et les journaux n'avaient pas tous créé leur site.
Ramonet était assez optimiste, et professait que le téléspectateur n'est pas bête brute que l'on gave sans recul critique et sans capacité à déconstruire ce qu'on lui fourgue.

Certes, m'étais-je dit ; mais une fois que l'on a déconstruit une information très déformée, que reste-t-il ? Le "il n'y a pas de fumée sans feu" ? Le "tous pourris de toute façon" ? J'étais sceptique.

On pouvait récemment entendre l'inévitable Barbier (non, pas celui de Rossini, mon chéri) vilipender la méchante réforme du président qui, ô seuprèm seurpraïze, reprend crânement en mains les médias publics. Sur le grand air de la calomnie, il disait tout le mal qu'il pense d'une télévision aux ordres qui remplit la tête des gens de vilaines informations mensongères du gouvernement qui ment effrontément.

C'était à pleurer de rire : un garçon si brillant, si intelligent, si à droite, si dans les petits papiers des gens paraît-il importants, si faux critique et vrai flatteur du locataire calamiteux de l'Elysée, qui ose se lancer dans la grande scène du journaliste outragé qu'une ombre de soupçon jetée sur son honorable profession offense... Croix de bois, croix de fer, ni à la télé, ni à la radio, ni dans la presse écrite, on ne subit JAMAIS de pression du pouvoir, directe ou indirecte, censure ou autocensure. Puisqu'on vous le dit !

Y a vraiment des gens qui n'ont honte de rien.

26/06/08 - 17:58



Il y a d'abord l'utilisation abusive des apostrophes en guise de guillemets, dont on se demande ce qu'ils foutent là. Sans doute un effet de la timidité de cette gamine d'oser écrire un mail à son prof. Pourquoi d'ailleurs le monsieur serait-il entre guillemets ? Sans doute parce que ça lui fait drôle d'écrire monsieur, alors que d'habitude elle s'adresse à ses copines avec un "ma loute" ou que sais-je ?
Un blog de la 4e. L'usage de l'article indéfini que suit une expression définie paraît étrange. Pourquoi pas "le" blog de la 4e ? Je passe sur l'impossibilité pour ce genre d'élève de se souvenir que l'on peut écrire créé même si, selon leurs propres mots, "ça fait bizarre".
La confusion sa/ça est hyper-fréquente. On compte dans mon établissement environ 10% des élèves qui maîtrisent consciemment la différence entre le possessif et les autres formes grammaticales (se/ce ; c'est/ses/ces ; mais/mes, etc.).
Il est utopique de demander de discerner la conjugaison des personnes et des temps (en particulier le redoutable futur en -ai qui leur paraît toujours incorrect).
L'usage du subjonctif disparaît, c'est un fait : j'entends bien plus souvent, et même chez les adultes, et même chez des enseignants (argl...) "il faut que vous allez/il faut que tu viens/il faut qu'il save/il ne faut pas qu'il croive". En fait, l'usage arase toute complication et recalque un verbe dit irrégulier sur les verbes plus courants ou plus réguliers. Je mets sur le compte de l'enfantillage conscient le n' et le biisous. Effet de comique phonétique extrêmement courant sur Msn. Evidemment, il s'agit d'une élève qui a osé m'adresser la parole 7 fois cette année.
J'en arrive à l'oeil. Oeuf, boeuf, donc oeudipe, donc oeuil. Imparable. Je ne parle pas de cercueil, écueil, écureuil, orgueil, etc.

Voilà, très improbable lecteur : je voulais te faire partager un peu de mon pain - noir - quotidien.

25/06/2008

25/06/08 - 21:10

Le paradigme sportif.

En Grec, toujours plus improbable lecteur, le paràdeïgma, c'est le modèle, l'exemple. En linguistique, c'est le mot modèle qui sert d'exemple à tous les mots qui présentent le même fonctionnement. Te voilà, très improbable lecteur, plus heureux que devant.

Tu n'ignores plus que j'ai j'occasion d'observer l'adolescent, collégien et lycéen. Pas de trop près et pas dans les vestiaires, mais les jours ont suffisamment rallongé pour que les chemises aient un peu rétréci et que les tournures des silhouettes se devinent clairement.
Je passerai sur les cordelettes qui servent aux filles de sous-vêtement, je ne suis pas expert en femmes, même si je trouve leur monstration un peu fort de café dans la cour d'un collège - et oui, encore plus improbable lecteur, je suis un vieux con, et je considère qu'à 13 ans, on n'a pas à prendre une récré pour un étendoir.

Je souhaiterais plutôt m'attarder sur le biceps masculin, l'épaule et le pectoral virils.
Alors préambulons, pour que tout soit clair entre nous : bien sûr, il va de soi que la santé est le plus primitif des biens, et qu'il n'est pas inutile, lorsque l'on croît, d'appuyer son ossature sur une musculature étoffée ; il est évident qu'il est particulièrement néfaste de s'engraisser de chips et de boissons au cola devant la pléstécheun ; je défends la balade, l'exercice sportif collectif ou solitaire lorsqu'il est choisi, doux, et propice à un épanouissement spirituel - car le corps ne saurait aller sans l'esprit.
Cependant je m'interroge sur la santé de ces gamins de 5e qui se lancent dans des exercices de musculation intensive alors qu'ils sont appelés à prendre encore une quarantaine de centimètres, et sur l'identité masculine véhiculée par ces pratiques, qui se réduit à des épaules et des pectoraux - délaissant d'ailleurs on ne sait pourquoi quadriceps et mollets. Pour être un vrai mec, dans les cours de Collège et de Lycée, il faut avoir des zabdos, des pek, et une largeur d'épaules double de la largeur de bassin.
S'il ne s'agissait que d'une mode esthétique, commandant corps et vêtements, ma foi de veau, je laisserais passer. Mais cela s'accompagne d'une victoire unilatérale de la philosophie de la compétition dans toutes les strates de la société. La comparaison, l'amélioration permanente, le dépassement, le renversement de l'adversaire, etc.

Or, je commence à en avoir soupé, de ce discours, qui me semble aux antipodes de l'humanisme que je professe et qui, lui, me fait vraiment tenir debout.

Puisque c'est ça, je vais reprendre deux fois de la crème.

25/06/08 - 20:45

Sans avis.

Tu ne l'ignores plus, improbable lecteur, le professeur voulant professer doit périodiquement remplir des tas de formulaires, contrats, conventions et autres projets d'actions pour prouver qu'il a devant lui des élèves à qui il ne serait peut-être pas inutile d'enseigner certains rudiments de notre culture.
Lesdtis formulaires sont destinés à attester auprès des autorités compétentes que, non, les élèves ne savent pas déjà tout, et qu'il serait éventuellement opportun de leur apporter quelque lumière dans certaines disciplines, oui ; et que, non, les enseignants ne font toujours pas ça gratosse et que, oui, il revient à l'Etat ou à ses faux-nez de subventionner le matériel des Collèges et des Lycées - nous vivons une époque formidable.
Mais le tonneau des Danaïdes de la paperasse ne s'arrête point alors : il convient, au terme de l'année scolaire, de remplir de nouveaux formulaires pour savoir si, oui ou non, l'argent a été dépensé, les heures d'enseignement ont été effectuées et si, oui ou non, les élèves en ont tiré quelque profit.

C'est alors que l'administration de la collectivité territoriale en question produit un magnifique feuillet A3 plié où une série de critères supposés éducatifs et pédagogiques sont intelligemment fouillés, et concernant lesquels l'enseignant porteur du projet doit proposer une évaluation circonstanciée et ô combien précise à l'aide d'un tableau analytique qui propose les réponses suivantes : SATISFAISANT / NON SATISFAISANT / SANS AVIS.

Outre l'indigence ordinaire de l'insubmersible adjectif satisfaisant - tarte à la crème des conseils de classe les plus stupides où le constat ne veut rien signifier d'autre que la lassitude professorale devant la médiocrité adolescente, je ne laisse pas de m'étouffer de rage face à la dernière catégorie.

Sans avis.

Le concepteur de cette connerie a-t-il si piètre estime des enseignants qu'il les croie capables d'être SANS AVIS sur un projet pour lesquels ils ont vaincu les résistances d'un chef d'établissement, de quelques collègues, de nombreux élèves, d'un Inspecteur d'académie, de parents d'élèves, des sourcilleux rectoraux et autres moulins à vents de notre Titanic chéri et qu'ils auront porté à bout de bras pendant toute une année scolaire ? Ou - pire - ledit concepteur connaît-il des enseignants qui se réfugient dans le plan en trois parties oui / non / unpeuquandmême ?

Alors évidemment, quand on produit un rapport annexe de trois pages qui ne rentre pas dans les cases, on passe pour un casse-burettes. Mais y en a marre de se faire prendre pour une caisse-enregistreuse !

22/06/2008

22/06/08 - 11:02

La musique est la mesure de l'homme.


Ils étaient hier soir tous là. Tous : les synthés, les fils rouges, les fils noirs, les fils gris, les amplis, les projos, les alus, les podiums, les fanfares, les guelards, les poissards, les tocards, qui s'amalgamaient en cauchemar. L'on chante aujourd'hui Franck Mickaël, comme on reprend un tube, j'en aurais pleuré si un tango pas mal accordéonné n'était venu redîmer ce capharnaüm. Cela sentait la merguez, cette escroquerie des charcutiers. Heureusement, passé minuit, cela s'est arrêté municipal.

Ce matin, alors que les balayeuses automatiques frottaient, j'ai ouvert les volets métalliques, face à la cathédrale, et je me suis souvenu de ces deux très jeunes élèves du conservatoire qui, dès le matin, jouaient Bach, fragilement, sous les tilleuls de la médiathèque. Quelques personnes étaient là, dans les ombres du square, qui lisaient, qui écoutaient les fausses notes et les phrases hésitantes, qui surveillaient les pupitres de métal penchés. Cela n'était pas toujours juste, cela n'était guère bien joué, mais cela ressemblait bien plus à de la musique que les fanfares grotesques qui m'ont pourri la soirée. Cela montait et parlait à qui voulait écouter.

La "fête" d'hier soir était à la musique ce que Sarkozy est à la politique : un symptôme cancéreux.

21/06/2008

21/06/08 - 21:45



Je dois au très bel Arto le surgissement émerveillé d'un souvenir d'enfance. D'où mon goût pour les Bleus. Par les vingt-deux débiles indécemment payés, les trois grands tableaux bleus de Miro exposés à Beaubourg.

21/06/08 - 20:01

Stendhal, Vie de Henry Brulard.

J'ai adoré Saint-Simon en 1800, comme en 1836. Les épinards et Saint-Simon ont été mes seuls goûts durables, après celui toutefois de vivre à Paris, avec cent louis de rente, faisant des livres.

 

"Nous vivons à une époque de surmenés sans éducation, à une époque où l'excès de travail rend les gens parfaitement stupides."
(Oscar Wilde)



Del mondo i disinganni
L'assidua penitenza
Le veglie, l'astinenza
Quell'anima turbar


E tu... Come sei pallida ! E stanca, e muta, e bella.
Pia creatura nata sotto maligna stella.
Fredda come la casta tua vita...
E in cielo assorta.
Desdemona ! Desdemona !


Udisti, qualche bella
Dal vago abbandonata...

Pur che porti la gonnella voi sapete quel che fa...

Oh refrigerio ! La marina brezza !
Il mare ! Il mare ! quale in rimirarlo
Di glorie e di sublimi rapimenti
Mi si affaccian ricordi ! Il mar ! Il mar !
Ah perché in suo grembo non trovai la tomba ?

De grâce demeurez...

Ange adorable
Ma main coupable
Profane en osant toucher
La main divine
Dont j'imagine
Que nul n'a droit d'approcher
Voilà je pense
La pénitence
Qu'il convient de m'imposer
C'est que j'efface
L'indigne trace
De ma main par un baiser



Marchez dans mon chemin
Et prêtez-moi
L'appui léger de votre main,
A deux nous aimerons davantage le monde,
Le temps sera plus court, la moisson plus féconde,
Les maux dont geint l'humanité
Ont besoin de la femme et de sa charité
Allons vers l'Idéal
Montons à grands coups d'aile !
Soyez mon épouse fidèle...



Panthéon éphémère ou éternel...

Lol ne faisait-elle pas une fin de son coeur inachevé ?
M. Duras.

La lucidité est la blessure la plus proche du soleil.
R. Char.

Toute la place pour la beauté.
R. Char.

Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon, vous n'en sortirez pas vivant.
Fontenelle.
(1657-1757)

On a mal observé la vie si l’on n’a pas vu aussi la main qui, avec mille ménagements, assassine.
Friedrich Nietzsche,
Par delà bien et mal, aph. 69.

Vous avez des idées à la mode, mais qui sont sans valeur.
Sagan.
Bonjour tristesse

Que faire en cas de poésie ?

On va pas faire comme les gens, vivre à cause de l'argent ?
Souchon, Tailler la zone.

On ne pose que les questions auxquelles on a déjà la réponse. C’est d’ailleurs le principal obstacle à la communication.
Lacan.

« Mais tout de même, quand une tradition est aussi ancienne…
— Eh bien elle meurt de vieillesse, tiens ! »
Romain Bouteille

La connaissance aurait peu d’attraits, s’il ne fallait, sur son chemin, vaincre tant de pudeurs.
Friedrich Nietzsche,
Par delà bien et mal, aph. 65.

Ils se contentaient de si peu, ils avait si peu de colère.
Louis Aragon.

Je répandrai sur les montagnes des morceaux de votre chair,
et je remplirai les collines de vos membres ensanglantés.
J’arroserai la terre de votre sang noir et pourri le long des montagnes,
et les vallées seront remplies de ce qui sera sorti de vous.
Ezéchiel, XXXII, 5-6.

“Il y a la merveilleuse phrase d’Aristote répondant à la question : “Qui est citoyen ? Est citoyen celui qui est capable de gouverner et d’être gouverné.” Y a-t-il quarante millions de citoyens en France en ce moment ? Pourquoi ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à leur désapprendre à gouverner. Elle vise à les convaincre qu’il y a des experts à qui il faut confier les affaires. Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s’habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à suivre des options que d’autres leur présentent ou à voter pour elles. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques.” (Cornélius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance).





"La poésie c'est un truc de pédés, moi je lis Placid et Muzo !" (Le Régent).



Kiri Te Vendredi, Dimanche Kanawa.